Eau et énergie, un défi à relever !

 

L’approvisionnement, la gestion, la sécurisation de l’eau et de l’énergie dans la zone MENA représente un important défi pour les années à venir. Le développement d’infrastructures et de projets dédiés aux énergies conventionnelles comme aux énergies renouvelables implique une approche globale.

Dans la zone MENA, les enjeux liés à l’eau et à l’énergie apparaissent considérables. La forte croissance démographique, l’urbanisation galopante impliquent des investissements colossaux. La consommation d’énergie dans les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée a été multipliée par 6 entre 1971 et 2007, passant de 48 à 291 millions de tonnes équivalent pétrole.

Diversifier et réduire l’intensité énergétique s’avèrent un défi dans un contexte de lutte contre le changement climatique. Reste à poser les cadres du développement de ces infrastructures. « L’eau constitue un élément clé dans les pays du Moyen Orient. Les perspectives de développement des énergies renouvelables sont colossales » évoque Seikha Al Maskari de la holding Al Maskari aux Émirats Arabes Unis. « Des projets existent mais il nous faut inventer des politiques durable et un cadre général. La plupart des projets sont financés par le gouvernement. Il importe d’allier les possibilités des pays du Moyen Orient à la compétence des entreprises européennes pour assurer réciproquement notre croissance ».

Une question de confiance

Un constat partagé par Michel Fourrel, directeur du groupe Saur, spécialiste des métiers de l’eau potable et de l’assainissement en Arabie Saoudite. « Nous assumons des fonctions d’opérateurs et non de bâtisseurs. Au delà d’une aide et d’un soutien technique ponctuel, il importe de s’adapter aux problématiques locales, qui sont spécifiques notamment par rapport au déficit hydrique ». Et de citer l’exemple de gestion des eaux de la Mecque. « Pendant la période du Hadj (pèlerinage), les services liés à l’eau et à l’assainissement concernent 4 millions de personnes par jour. La question du transfert de compétences et de technologie est essentielle mais elle ne suffit pas, il faut comprendre la culture ».

Devenue considérable sur la zone, la demande en énergie et en eau implique la prise en compte des ressources conventionnelles mais aussi le développement des énergies renouvelables. Elles se déploient désormais dans des projets à grande échelle et nécessitent à leur tour des financements importants. C’est notamment le cas de la centrale solaire de Ouarzazate au Maroc dont le budget s’élève à 1 milliard de dollars.

« Mais si les projets en énergies renouvelables séduisent davantage, les risques se sont accrus pour les financiers au vu de la situation géopolitique » estime Philippe Lorec de la délégation interministérielle à la Méditerranée. La mutualisation des risques constitue aujourd’hui une piste à creuser en créant des plates formes de financements sur les grands projets, avec des investisseurs d’origines diverses.

Les projets intermédiaires entre 20 et 30 millions d’euros considérés comme peu « bankables » mais qui répondent à un besoin direct des populations doivent être soutenus. « Les fondations internationales ont un rôle à jouer tant elles allient expertise et capacité fnancière ».

Enfin, le crowfunding qui représente en France 5 milliards de dollars, s’avère lui aussi un outil à développer pour faciliter le financement par la société civile de ce type de projet. L’occasion d’intéresser les diasporas, qui elles aussi génèrent des flux financiers considérables de l’Europe vers les pays du Maghreb