Plus de moyens financiers et de liberté pour les projets

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Une croissance durable passe par la capacité des pays de la zone MENA à diversifier leurs tissus économiques. Pour y parvenir, il faut des financements adaptés. Des structures financières émergent pour soutenir les grands projets et le développement des start-ups.

La jeunesse, l’urbanisation, l’emploi, les inégalités sociales, les incertitudes politiques... les pays arabes soufrent. Des transformations significatives se concrétisent pourtant, selon les participants de la table ronde « soutenir l’économie réelle : quel rôle pour les institutions financières ? » organisée par MENA Economic Forum le 8 novembre 2013 à Marseille.

« Depuis les révolutions, les investissements étrangers en Méditerranée accusent le coup, confie Emmanuel Noutary, délégué général d’Anima Investment Network. Les pays du Golfe viennent au secours de cette transition en s’impliquant dans de gros projets ». Tout comme les bailleurs de fonds. « Nous sommes le plus gros investisseur sur le continent, assure Amani Abou-Zeid, de la Banque Africaine de Développement. L’Afrique du Nord a bénéficié de 17 milliards de dollars de financements de la BAD » .

Mais l’institution appuie aussi l’essor du secteur financier, les fonds d’aide aux PME, l’harmonisation des régulations... Pour Amani Abou-Zeid, « la faiblesse du commerce interrégional fait perdre 2 à 3% de PIB à la région. L’encourager constitue un impératif ».

Harmoniser et alléger les obligations

Le Maroc a déjà passé un cap, selon Saïd Ibrahimi, président de Moroccan Financial Board, à l’origine de « Casablanca Finance City » qui regroupe banques affaires et d’investissement, sociétés de services, multinationales... Cette place financière se veut un hub pour le développement économique du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest. « Nous avons bâti un écosystème complet » explique-t-il. « Au Maroc, aucune contrainte n’existe pour les sociétés étrangères en termes de propriété des fliales, de rapatriement des plus-values... »

Aux Émirats Arabes Unis, Sharjah assouplit également sa position en proposant deux zones franches. « Nous ne voulons pas surcontrôler afn que les investissements se positionnent à Sharjah et pas ailleurs » affirme Marwan Al Sarkal, directeur exécutif de Sharjah Investment & Development Authority.

Pour Emmanuel Noutary, les pistes de financement se diversifient trop. « 300 fonds ciblaient la Méditerranée en 2008, plus de 600 en 2011, grâce à l’émergence de dizaines de fonds régionaux ». Mais il relève une difficulté : « Trop peu s’intéressent à l’amorçage, au capital-risque, alors que les nouveaux entrepreneurs représentent le vivier des emplois de demain ».

Les créateurs d’entreprises trouvent cependant quelques appuis auprès d’incubateurs comme Wiki Start-Up en Tunisie, BeryTech au Liban ou Oasis 500 en Jordanie. La finance islamique, encore marginale selon Anima, peut apparaître comme un outil supplémentaire pour concrétiser des projets. « Le Maroc réfléchit à un cadre spécifique pour la finance participative qui peut correspondre à certains besoins d’investissements ou d’investisseurs » souligne Saïd Ibrahimi.