La formation professionnelle pour « mieux répondre aux attentes de la jeunesse »

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Les pays de la zone MENA produisent de plus en plus de diplômés, mais qui deviennent très vite des chômeurs faute d’adéquation entre leurs études et le marché de l’emploi.

Il faut réinventer l’éducation et la caler sur les besoins des entreprises estiment les participants à la cession « enseignement supérieur, innovation, recherche : comment mieux répondre aux attentes de la jeunesse et des entreprises » organisée par le MENA Economic Forum. « En dépit d’investissements massifs pour l’éducation », les intervenants au MENA Economic Forum ont constaté les difficultés des jeunes sortant des filières de l’enseignement secondaire et supérieur à trouver un emploi.

La forte croissance de la population active, les rigidités du marché du travail et « l’inadéquation des compétences » explique en partie ces difficultés. Selon Moncef Belkhayat, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports marocain, « les pays de la région MENA n’ont pas tenu compte des transformations sociales récentes induites par le développement des NTIC, le recul de l’âge du mariage et la création d’un nouveau segment de la population, le jeune célibataire. Il faut réinventer l’éducation ». Des propos repris par Thami Ghorfi, fondateur de l’Esca-École de management de Casablanca, qui réclame l’implication des chefs d’entreprises dans la formation supérieure, « nous avons besoin de leaders pour croire en nos capacités ».

Les pistes de progrès sont nombreuses. Pour Samir Salloum, président du French Business Group (Émirats Arabes Unis), « l’enseignement supérieur doit investir davantage dans la recherche et l’innovation. La force d’un pays réside dans le nombre de brevets. Cet effort apparaît insuffisant dans les pays arabes ». Yazid Chir président et cofondateur de Nos quartiers ont du talent propose trois types d’actions. Améliorer l’orientation en faisant correspondre « les filières de formation avec le marché du travail », faciliter le rapprochement des entreprises avec les universités et enfin « inciter les écoles à faire travailler les élèves en mode collaboratif ».

Formation professionnelle et mobilité

Pour l’Ambassadeur français en charge du développement culturel, de l’éducation, des projets universitaires dans la région méditerranéenne et dans le monde arabe, Jean-Renée Géhan « les instruments existent et les programmes européens vont être développés en Méditerranée ». Il privilégie le développement de la formation professionnelle à travers la création d’un réseau franco-maghrébin.

Au Maroc, 380,000 jeunes quittent le lycée et se retrouvent en marge de la société, déplore Thami Ghorfi. La formation professionnelle « doit être renforcée, car il n’y a pas que des ingénieurs ou des médecins dans le monde du travail, mais aussi des plombiers, et des mécaniciens ».

Tout en alliant formation professionnelle et mobilité, Hussain Al Mahmoudi, directeur de la CCI de Sharjah aux Émirats arabes unis, envisage la création d’un 5+5+6 : « un arc méditerranéen de l’enseignement démarrant au sud de la France, à Marseille, passant par le nord du Maghreb et terminant sa route aux Émirats ». Car « les jeunes ne sont pas mobiles dans le monde arabe » regrette Moncef Belkhayat. « Nous devons leur donner les moyens de le devenir ».