Infrastructures : des chantiers d’avenir

IMG_2357.jpg
 

Pour répondre à la nécessité d’équipement en infrastructures des pays de la zone MENA, les réponses longtemps basées exclusivement sur l’investissement public se nuancent. Des Partenariats publics privés sont envisagés ainsi que des collaborations efficaces avec des entreprises européennes.

420 millions d’habitants et 20 pays, la zone MENA n’est pas homogène, mais elle se caractérise par d’importants besoins en infrastructures, dans l’énergie, les nouvelles technologies, la santé, l’éducation. Avec des priorités qui divergent d’un pays à l’autre. Quand certains États travaillent sur la mobilité et les déplacements, d’autres peaufinent leur réseau de télécoms. Ainsi les Émirats Arabes Unis possèdent le réseau 4G le plus performant au monde.

Le développement économique, social et culturel de pays portés par une très importante vitalité démographique passe par des chantiers colossaux et multiples. L’exemple de l’Arabie saoudite dont la population va passer de 30 à 50 millions d’habitants dans les 20 ans à venir donne la mesure des enjeux. « Depuis 5 ans, deux nouvelles écoles sortent de terre chaque jour. Nous sommes passés de 3 à 30 universités en 30 ans. Entre 2011 et 2012, l’Arabie Saoudite a créé plus de 40 hôpitaux » évoque Kamel Almunajjed, président du groupe saoudien Almunajem.

L’investissement public toujours prédominant La question du financement reste cruciale dans un contexte où rares sont les pays en capacité d’autofinancer leurs infrastructures. La part de l’investissement public y reste prédominante. Ahmed Tibaoui, ancien ministre algérien et président du World Trade Center détaille sur le poids de l’investissement public à Alger. « Depuis 2002 un grand programme d’investissements dans les infrastructures, de 286 milliards de dollars, permet de favoriser la mobilité dans le pays par la construction d’une autoroute Est-Ouest, de ports, d’aéroports, de tramways et de métros ».

Mais la problématique de l’intégration du secteur privé reste entière, tout comme celle du transfert de compétences. Lionel Zinsou, président de PAI partners, 1er fond de capital investissement en France, estime « illusoire de penser que les pays du Golfe peuvent financer les États du nord de l’Afrique, que l’Europe dispose encore d’épargne disponible ».

« Aujourd’hui la nécessité de mixer capitaux privés et publics devient impérative pour répondre à une demande immédiate », reprend Kamel Almunajjed. Pour autant, la collaboration d’entreprises françaises à la construction d’infrastructures dans la zone Mena ne peut se faire sans la compréhension de la culture locale. « Nous avons beaucoup à apprendre des entreprises européennes. Mais ces relations doivent s’établir via des partenariats avec des entreprises locales », affirme Ahmed Tibaoui. « C’est ainsi que nous répondrons au grand défi de l’emploi ».

« Les nouvelles infrastructures généreront 2, 5 millions d’emplois au Moyen-Orient d’ici 2030 », conclut Huw Gilbert de Pepsico.