Afrique, Moyen-Orient et Europe, la partie doit se jouer à trois

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Le MENA Economic Forum plaide pour la constitution d’un espace d’intégration couvrant l’Afrique du Nord, les États du Golfe et l’Europe du sud. Une alliance à trois indispensable pour sortir la Méditerranée du marasme économique et social qui la plombe.

L’amphithéâtre de la Villa Méditerranée a fait salle comble pour l’ouverture de la troisième édition du MENA Economic Forum. Plus de 800 décideurs économiques et politiques de haut niveau ont tenté d’initier un nouvel élan entre le Maghreb, l’Europe et le Moyen-Orient. « Les jeunesses européennes et arabes s’inquiètent de leurs avenirs. CAPmena est convaincu du potentiel de collaboration entre les rives sud et nord de la Méditerranée ainsi qu’avec les États du Golfe » souligne François Aïssa Touazi, président de CAPmena.

Michel Vauzelle a remis au président de la République française un rapport « destiné à examiner comment faire en sorte que les peuples méditerranéens se rapprochent » explique le président de la région PACA. « Il faut créer des outils communs de formation professionnelle, de délivrance de microcrédits, de développement de l’économie sociale et solidaire ».

Le président de la chambre de commerce et d’Industrie Marseille Provence, Jacques Pfister, tout comme le président de l’institut du monde arabe, Jack Lang, voient en Marseille une ville symbole. « Le succès de Marseille capitale européenne de la culture illustre l’importance du culturel dans l’économie » se félicite Jack Lang. Des propos repris par le sultan Al Qassini. L’émir de Sharjah considère que « le vieux port de Marseille a écrit une partie de l’histoire de la Méditerranée, avant de s’endormir sur ses blessures. Le grand port de Marseille peut aujourd’hui en rédiger une autre ».

Mais comment faire de la Méditerranée un nouveau pôle culturel et économique ?

Pour le ministre de l’Industrie du Maroc, Moulay Hafid Elalamy « l’espace Méditerranéen est hétéroclite, mais l’intégration méditerranéenne constitue pourtant une réalité. Le Maroc promeut une relation triangulaire Afrique, Moyen-Orient, Europe seule capable de relever les défis de la désindustrialisation et d’initier une reprise économique globale ».

L’Europe a su trouver la voie de l’intégration, « qui a permis d’installer une paix durable » se félicite la commissaire européenne Androulla Vassiliou. « Des programmes comme Erasmus constituent le socle de cette intégration. Nous devons nous en inspirer en Méditerranée. Ce n’est qu’en comprenant la culture de l’autre que nous pouvons vivre en paix ».

Car c’est bien de paix qu’il s’agit. « Nous vivons dans un monde instable » remarque le président de la fondation des déserts du monde, Cherif Rhamani. « Le populisme nous menace sur les deux rives de la Méditerranée. Nous devons permettre plus de mobilité ».

Arnaud Montebourg, ministre français du redressement productif, estime que les pays méditerranéens « partagent les mêmes problèmes, les mêmes solutions, les mêmes aspirations à produire, la même jeunesse qui se révolte. Nous devons partir ensemble à la conquête des marchés. Dans la dérive des continents de la mondialisation, nous devons bâtir des alliances comme le font les pays de la zone Asie Pacifique, ou d’Amérique ».